AgileTour Paris 2012 #atparis

Bigpayoff

Mon meilleur ROTI de la journée : l’agile game Big Payoff.

Soyons direct : atparis 2012 n’est pas l’événement agile auquel j’ai participé qui me laissera le meilleur souvenir. Ne serait-ce que dans la catégorie agile tour, j’ai pris beaucoup plus de plaisir et j’ai ressenti l’impression d’avoir mieux utilisé mon temps dans les « petites » « étapes de Rennes, Vannes ou Rouen. 

Une fois cette appréciation subjective énoncée, félicitons les organisateurs de proposer un événement gratuit permettant à des centaines de personnes de découvrir l’agilité. Car, d’après les quelques échanges et les questions posées en fins de sessions, il me semble que la majorité des participants débute et vient voir ce qui se cache derrière ces mots à la mode : agilité, scrum…

Lieu et commodités

Microsoft nous accueillait dans ses locaux. En dehors de l’amphi, les salles mises à disposition ne se sont pas toujours révélées adaptées. Les petites salles de conférence ont rendu certains ateliers acrobatiques : Laurent Morisseau a ainsi animé son Get Kanban dans le couloir ! Sur d’autres sessions, il valait mieux arriver en avance pour s’asseoir…

Mon principal grief de la journée sur l’aspect commodités s’adressera à la restauration : était-ce une peur de voir la digestion nous empêcher d’apprécier les sessions de l’après-midi ? 3 croissants à la pause café, 4 salades et deux éclairs au chocolat à la pause déjeuner pour 450 personnes …c’était comment dire…sans risque d’indigestion. Mon conseil : si vous y allez l’année prochaine, amenez le pique-nique !

Dans l’organisation, une petite suggestion : l’affichage des sessions en bleu sur fond rouge…heu…comment dire, vous voulez pas qu’on y assiste ?😉

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Les sessions

 

Keynote de Véronique Messager @vmessager

La journée a commencé avec la plénière de Véronique sur le thème « Humanisme et agilité, fin d’un paradigme managérial ? »

Malgré un contenu intéressant et structuré, cette intervention m’a laissé sur ma faim (et voir plus haut, considérant le côté « épuré » des buffets, c’était pas le meilleur démarrage !)

Qui serait en désaccord avec les ingrédients de la performance listés par Véronique :

  • Humain = Emotions, ne pas le nier
  • Sens, pourquoi, partager la vision
  • Homme = etre social
  • L homme a besoin de liberté et de plaisir

et cependant, quels sont les moteurs qui amèneront les entreprises à modifier leur paradigme en ces temps de crise ? J’ai l’impression de n’avoir qu’effleuré la surface du sujet sans aborder les enjeux, freins et implications.

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Où reste-t-il de la place ?

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Plus de place pour la session de Jean-Claude Grosjean (@jcQualityStreet), l’atelier de Thierry Montulé (@siamha) bondé et se déroulant dans une salle totalement inadaptée, je me suis rabattu sur le retour d’expérience de Tuan Vo Vinh « REX : 10 bonnes raisons de ne pas choisir AGILE« .

Le sujet rejoint des thèmes que j’ai eu l’occasion d’explorer avec mon REX « Les infiltrés, coaching en milieu waterfall » ou les ateliers créés avec @domidepremorel (Agile : les sujets qui fâchent ou Échouer avec agilité).

Je partage pleinement l’introduction de Tuan quand il explique avoir eu envie de faire cette session parce qu’il n’entendait jamais parler dans les conférences d’échec et de projets où appliquer l’agilité c’était compliqué.

Les dix écueils listés constituent de réels sujets de réflexion et des causes récurrentes d’échecs. Je mentionnerai celui qui m’a mordu le plus : le coût de l’agilité (ici nommé  prime d’assurance) !

Pour l’avoir expériementé, je partage le constat de difficulté de migration vers l’agilité dans les environnements à forte culture de développement en cascade, même avec de l’accompagnement. Comme il a été évoqué dans les questions/réponses, le poids des processus de contrôle existants est lourd et peut se révéler rédhibitoire.

Gros intérêt également d’écouter le point de vue du manager (Tuan est manager de projets) porté par un vocabulaire spécifique (on va pricer ) afin d’élargir son champ de réflexion.

Stratégies du Product Owner avec @pablopernot et Alexis Beuve

Changement de domaine avec cette conférence où Alexis Beuve partage les enseignements tirés de sa passion pour les jeux de stratégie (échec et go principalement).

Alexis édite des livres écrits par des champions comme Daï Junfu.

Alors, là j’ai fait un effort car je ne suis vraiment pas client des jeux de stratégie,considérant une partie d’échec avec autant d’enthousiasme que mon fils à qui je propose de découvrir les films muets de Buster Keaton.

Mais, comme dans le cas des slapsticks, l’effort est récompensé et j’ai suivi cette session originale avec beaucoup d’intérêt. 

Une fois posée l’acceptation de l’incertitude et la nécessité de la prise de risque, Alexis nous enseigne que tous les champions appliquent leur stratégie au travers d’une démarche en cinq étapes. L’explication est illustrée de photos de Kasparov en action et l’orateur nous amène également sur le terrain du tennis de table avec un exemple de situation très pertinent.

Grand amateur de tennis, j’y retrouve un terrain plus familier et un parallèle avec l’enjeu du fameux money time : le moment crucial où le set peut basculer et que les champions négocient mieux que les autres. S’y pose la question fatidique :

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Les slides sont disponibles https://t.co/2oVsrU6r et les articles d’Alexis sur la stratégie accessibles sur son site : http://t.co/V28Asd2Y. Au vu de la conférence, une lecture certainement riche d’enseignement !

Contractualisation des projets Agiles avec Christophe Champion

Continuons avec un Champion (oui, c’est facile), mais surement pas la session dont le contenu reflète le mieux le titre. Sur une durée de 45 mn, l’orateur a passé 35 mn à anonner le manifeste agile, puis à décrire Scrum, sans profondeur ni recul.

Dommage, le sujet est crucial et la question fondamentale de l’engagement de résultat versus l’engagement de moyen toujours en débat. A l’heure où s’étend l’adoption de l’agilité et où certains clients utilisent ce levier, le détournant de son objectif, afin de mieux pressurer leurs fournisseurs, ce thème méritait un meilleur traitement !

Retenons cette remarque pertinente :

Il y a toujours plus de choses a réaliser que d’argent et de ressources pour les réaliser

et passons rapidement à une autre session. Ah, non, c’est la pause.

Pause déjeuner

hum…vous ai-je déjà dit qu’on n’avait rien à se mettre sous à dent ?

The Big Payoff avec Patrice Boisieau et Stéphane Guédon

Il s’agit d’un jeu inventé par Alexandre Boutin (@agilex) et Erwin Van der Koogh (@evanderkoogh) dont la description n’est pas encore sur le blog d’Alex !

C’est avec grand plaisir que j’ai participé à ce jeu dont j’avais eu de très bons échos. Félicitations à @agilex et @evanderkoogh pour la conception d’un jeu court (moins d’une heure) qui permet aux managers d’expérimenter efficacement les avantages des projets agiles.

Mention également à Patrice et Stéphane pour leur adaptation du jeu dans le sens d’une meilleure jouabilité ainsi que pour leur animation discrète !

Seul regret : un peu plus de temps pour le débrief aurait été nécessaire…

Psychologie Agile de Jean-Charles Meyrignac

Ayant lu quelques articles de son blog, j’étais curieux de découvrir l’auteur en live.

La salle était archi-pleine, signe d’intérêt pour le sujet « les différents processus psychologiques mis en œuvre lors des différentes méthodologies agiles : Scrum, XP, Kanban. Je vais aborder le changement, la motivation, l’engagement, l’aspect social de l’agilité. »

Jean-Charles propose une grille simplifiée d’analyse des motivations de chaque individu en fonction de sa position dans l’entreprise. Il insiste avec pertinence sur l’importance de se poser la question pour chaque personne impliquée dans un projet agile : quel est son moteur ? sa motivation pour l’adoption ?

Je retiens dans cette approche :

  • « La rétrospective c’est avant tout l’occasion de rendre l’équipe plus honnête« .
  • « Scrum apprend aux managers à lâcher-prise » 
  • ainsi que les références à Köhler et l’effet Ringelmann.

Cependant, la présentation, malgré l’intérêt des idées énoncées, manque de nuances et semble plus assénée qu’étayée. Un personnage courageux et suscitant controverse et débat dans un domaine où parfois la pensée unique agile fait consensus mou.

Pratiques Agiles comme métaphore des techniques Lean avec @ojuncu

Idée fort intéressante, mais à laquelle cette session ne m’a pas donné beaucoup de développement. Oana nous avait bien prévenu : « Il s’agit d’un atelier expérimental ». Durée non maîtrisée, manque de force de la démo, je ne me sens pas plus avancé sur le sujet en sortant.

Deux assertions dont je n’ai pas ressenti la valeur ajoutée pratique :

  • DOD est comme faire Value Stream Mapping
  • Story mapping est comme gemba walk dans la tete de l’utilisateur

Agile/Lean, convergence, complémentarité, cibles différentes ? En se basant sur le clean language, l’oratrice cherche à explorer les similitudes (patterns) entre les approches. Séduit par l’idée, je demeure perplexe en sortant. Les slides d’Oana sont disponibles en ligne : http://t.co/qDGUuRZD, j’essaierai de les lire pour mieux comprendre.

ScrumBut et ButScrum sont sur un bateau… par Ly-Jia Goldstein

Pour terminer la journée, j’ai choisi une session dont l’idée me paraissait excellente.

Dans ce mixte de conférence et de retour d’expérience, Ly-Jia s’interroge sur les possibilités d’écarts avec la méthode Scrum et la manière dont ces écarts ont été traités dans son entreprise.

Le ScrumBut est défini sur le site de Scrum.org par le motif (ScrumBut)(Reason)(Workaround).

Exemple : nous utilisons Scrum, mais faire un daily meeting tous les jours coûte trop cher ou prend trop de temps, alors on n’en fait qu’un par semaine. 

Le ButScrum est apparu dans un article de blog de Joel Tosi : il désigne le suivi rigoriste du cadre Scrum. L’application trop stricte devient une contrainte qui empêche le changement.

Exemple : Scrum conseille des équipes de 7±2. Si l’équipe passe à dix personnes, que fait-on ? On doit virer quelqu’un pour rester dans le cadre Scrum ?

L’oratrice se réfère de manière très pertinente à la conception japonaise de l’apprentissage des arts martieux suivant le Shu-Ha-Ri pour se positionner entre ces deux extrêmes.

Je retiens « Considerer ScrumBut comme une opportunité de comprendre pourquoi la règle existe« . Pour que cette session puisse gagner en profondeur, je suggérerai d’envisager la réflexion sous l’angle de la gestion des risques. 

A noter également sur ce sujet, les ateliers et travaux de Laurent Bossavit sur Building your own agile process.

 

Ainsi se termine pour moi la saison de l’Agile Tour, moment privilégié d’apprentissage et d’échanges. Merci à tous les organisateurs et sponsors de toutes les villes !

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