Jamais sans mes ScrumButs

Devil

ScrumDay 2013

Le jeudi 11 avril, lors du ScrumDay 2013, j’aurai l’opportunité d’animer une « table ronde » dont l’intitulé est Jamais sans mes ScrumButs :

Sans dogmatisme et avec un esprit d’ouverture, nous convierons les praticiens expérimentés à présenter les ScrumButs qu’ils pratiquent au quotidien avec succès et les raisons qui ont motivé leurs adaptations.

Sans titre

Définition : (ScrumBut)(Reason)(Workaround)
http://www.scrum.org/scrumbut

Selon Mike Cohn :

To me a ScrumBut is a deviation from the minimal core set of Scrum practices that is obviously a bad deviation

Qu’est-ce qu’une table ronde ?

Il s’agit d’un espace propice à l’échange, à la discussion, en opposition au format conférence où l’orateur délivre un savoir devant un public passif. J’ai pu échanger là-dessus entre deux session au printemps agile de Caen avec Christophe Addinquy (de l’équipe d’organisation) qui m’a confirmé cette orientation.

Agilité poussée ou tirée ?

Ça fait un petit moment que j’ai proposé ce sujet de discussion pour le ScrumDay.

Depuis septembre dernier (2012), il se trouve que mon activité m’a amené à parcourir les quatre coins de l’hexagone (comme dirait Coluche) pour former des personnes à l’agilité, souvent des chefs de projet/produit ou équivalents, avec les titres correspondant dans la terminologie de leur entreprise.

Ce qui permet de relever tout de suite un premier problème.

L’agilité peut se concevoir comme bottom-up (l’équipe s’auto-organise pour s’améliorer) ou top-down (les décisionnaires transmettent une vision de l’entreprise reposant sur l’inspection et l’adaptation à tous les niveaux).

Mais dans la majeure partie des cas que j’ai rencontrés, ce n’est ni l’équipe, ni les managers de haut niveau que l’on envoie en formation, mais les Chefs de Projet ou de Produit. Ils se retrouvent ainsi dès le démarrage en posture inconfortable, coincés entre organisation et équipe, entre culture d’entreprise et résistance au changement.

Lorsque je commence à citer le ScrumPrimer, leur questionnement existentiel se renforce :

Pratiquer Scrum avec la présence d’un chef de projet signale une incompréhension profonde de Scrum

En les questionnant en début de session sur leurs motivations, la réponse s’exprime souvent par « On nous a demandé d’être agile…alors on s’est inscrit à une formation Scrum« .

Remarquez d’abord les on qui n’indiquent pas une grande résolution.

Puis le glissement qui s’est effectué subrepticement d’Agile vers Scrumcf. l’historique de Thierry Cros, sans qu’apparaissent explictement les objectifs recherchés dans cette évolution: et pourquoi ?

Le paradoxe des ScrumButs

Les ScrumButs déferlent ensuite en vagues serrées : oui, mais nos équipes comprennent quinze personnes; oui, mais on nous demande des spécifications détaillées en début de projet; oui, mais, on n’est pas tous sur le même site, etc.

Derrière ces mots, une grande inquiétude s’entend, qui les pousse déjà dans le Faire agile (au détriment du Chercher à être agile) :

Comment faire ? Ex. « comment faire pour appliquer correctement la méthode Scrum ? »
Ne surtout pas se tromper alors que le formateur va parler d’échouer rapidement, de se donner le droit de l’itération…

Les formations traditionnelles en conduite de projet se traduisent souvent par une liste d’étapes qu’il devrait suffire de suivre pour assurer le succès de l’entreprise. Les stagiaires attendent le même genre de déroulé lors de la formation Scrum.

Or, très rapidement, le formateur leur parle de changement, ce qui déclenche immédiatement l’apparition de son ombre indéfectible : la résistance au changement.  Oui, mais chez nous…

Alors, un paradoxe commence à se dessiner :

  • s’accrocher à l’orthodoxie de Scrum dans le style Kent Schwaber : si vous ne respectez pas les règles fondamentales, n’appelez pas ça Scrum (“Scrum is like chess. 
You either play it as its rules state, or you don’t.” 
K. Schwaber). Démarche visant à déminer l’enchaînement qui fait pschitt :

ScrumBut => Scrum mal appliqué => Scrum ne marche pas => L’agilité c’est nul

  • ou entendre Scrum comme « c’est-le-nom-qu’on-donne-a-l-agilité-chez-nous » et descendre plus dans une approche marché de pratiques (cf. Laurent Bossavit), au risque de s’écarter de la formation Scrum qui était demandée. Avec un risque de laisser s’enkyster les pratiques qui ne remettent pas en question les problèmes de fond et de retrouver au final le scénario  :

Scrum mal appliqué => ScrumBut => Scrum ne marche pas => L’agilité c’est nul

Un paradoxe souvent illustré par le débat d’initiés « culte du cargo » versus « Shu-Ha-Ri » (si ça ne vous évoque rien, venez à la table ronde😉

Bref, je pense qu’on aura des choses à se raconter autour de notre table ronde … enfin de nos « tables pas rondes », mais le lieu … :

Capture_decran_2013-04-08_a_11

Salle Rivoli, chez IBM

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