Aux péripapéticiens efficaces et siesteurs appliqués

Sylvaine Pascual a publié un article « Réunions-promenades: réveillons le(la) péripatéticien(ne) en nous! » inspiré d’une intervention de Nilofer Merchant au TED.

Les kilomètres, ça use peut-être les souliers, mais ça libère la pensée et stimule le cerveau. La sagesse déambulatoire qui, d’Aristote à Nietzsche  a été encouragée par plus d’un penseur, a été démontrée par la science. Il est donc temps de renouer avec le(la) péripatéticien(ne) qui sommeille en nous, et de l’intégrer à notre quotidien professionnel. Par exemple au travers des réunions-promenades.

Aristote et ses disciples, les premiers péripapéticiens

Poussé par Sylvaine, quelques retours d’expérience à ce sujet (et en randonnant sur d’autres)…

tweet FP

Sortir la tête du guidon

Notre cerveau est un système fabuleux. Il suffit souvent de le laisser tranquille pour qu’il s’active en tâche de fond à résoudre des problèmes sur lesquels notre esprit conscient et rationnel s’épuisait.

Comme j’ai fréquemment eu la chance de travailler chez moi, j’ai souvent utilisé deux espaces de travail. Le premier est dédié à la production, avec un bureau un peu encombré de notes, livres, etc. Je me dirige vers le second lorsque j’ai besoin de réfléchir, de préparer un sommaire, d’organiser des idées, etc. Cet espace est le plus vide possible.

Les deux facteurs importants sont, d’abord de se lever, de marcher pour changer la dynamique de notre cerveau, ensuite de disposer d’un espace à part, vide, serein.

D’autres vanteront les bienfaits de la méditation ou du sport.

Get some headspace

Get some headspace : livre sur les bienfaits de la courte méditation.

Agiter, puis laisser reposer

Cela fait des années que j’ai découvert empiriquement (ça remonte à mes années de prépa) que plutôt que m’acharner à résoudre un problème jusqu’à des heures indues, il valait mieux laisser reposer, aller se coucher et reprendre très tôt le matin. Mon cerveau tout frais me proposait une idée pertinente à mon réveil.

J’ai appliqué de nouveau cette pratique en programmation quelques années plus tard. Je constatais que le code écrit la veille au soir tard était touffu, biscornu, branlant. Réécriture complète au petit matin d’un code tout propre et brillant. J’entendis parler un jour du courage de refaire en Extreme Programming , ça me parlait !

Dormir à côté de son travail

Dans le même ordre d’idée, lâcher un peu la bride à son cerveau, les bienfaits de la sieste sont mis en avant par nombre d’études et de chercheurs (un petit coup de Google vous convaincra).

« Newton sommeillait sous un pommier lorsqu’il a découvert le principe de la gravitation universelle. C’est aussi au cours d’une sieste que Reynolds aurait inventé le stylo à bille, Fleming découvert la pénicilline et Edison l’ampoule à filament puis le tourne-disque ! »

Bruno Comby, expert du sommeil et auteur de L’Éloge de la sieste, cité dans « La sieste en somme« .

Je n’ai pas retrouvé la citation exacte de Pierre Dac (il faudrait sans doute que j’aille faire une promenade) qui disait un truc comme : « le vrai courage, c’est de savoir s’endormir au pied de son travail. »

Aller à la machine à café, au restaurant

Pour en revenir plus précisément au thème de l’article de Sylvaine, vous avez sans doute expérimenté ces moments où le déplacement vers un autre lieu libère la parole, induit un échange différent.

Je le sens lors des pauses en formation lorsque le groupe se dirige vers la salle de café. L’anti-pattern étant la salle de formation où une table a été installée avec une thermos et quelques gâteaux : pas le meilleur moyen de re-dynamiser la concentration des stagiaires !

Même phénomène lors des pauses déjeuner, lorsqu’il faut se rendre à pied vers un restaurant d’entreprise ou autre lieu de restauration prévu. Certains posent des questions qu’ils n’osaient pas poser devant le groupe, d’autres reviennent entre eux sur des échanges esquissés au préalable… Anti-pattern : chacun part déjeuner dans son coin, le pire étant lors des formations intra où le stagiaire se précipite vers son ordinateur pour se nourrir d’un sandwich en regardant ses emails. Dur, dur pour le cerveau de trouver un peu de place pour caser les appels au changement !

Bref, les pauses, c’est essentiel et se rendre à pied d’un endroit à un autre n’est pas une perte de temps !

Utilisation en formation

Enfin, j’ai eu l’occasion de tester la promenade studieuse à plusieurs reprises lors de formation individuelle.

Au lieu des pauses café et déjeuner traditionnelles, je proposais à mes stagiaires une promenade dans les alentours pour une session ouverte de questions/réponses. Nous faisions ainsi 2-3 balades dans la journée tout en devisant des sujets abordés en cours. Les feedbacks sont très bons et le climat de la formation est agréablement modifié au retour dans la salle.

Programme de la rentrée

Laisser son cerveau résoudre les problèmes pendant la nuit, faire la sieste et prendre le temps de se promener. Traitement à appliquer régulièrement pour conserver du temps de cerveau disponible !

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