Judo : à la recherche du ballon perdu

J’ai été invité par Laurent Sarrazin, comme une vingtaine d’autres personnes, à participer à la troisième édition de Rupture Douce (retrouvez saison 1 et saison 2 sur lulu.com).

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Voici le teaser de mon chapitre « Kai-Surf ou ce que le sport m’a appris d’Agile » (vous pouvez retrouver les slides d’une conférence correspondante sur slideshare) :

Quelles compétences avons-nous acquises dans notre parcours de vie qui peuvent renforcer notre agilité professionnelle ? Comme le rugby sert de métaphore à Scrum, quelles nouvelles inspirations trouver dans d’autres disciplines ?

Je propose le sport comme métaphore de l’agilité ou source d’inspiration de l’amélioration continue. J’invite le lecteur à réfléchir sur ce qui, dans sa propre expérience, peut alimenter son parcours professionnel.

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Pour permettre à chacun d’avoir sa place, nous sommes limités dans Rupture Douce 3 à 20 000 caractères par chapitre. Ayant dépassé la jauge, j’ai décidé de publier sur ce site les chapitres que je n’ai pas retenus pour le livre. Au menu, six épisodes concernant judo, volley et tennis !


« Kai-Surf ou ce que le sport m’a appris d’Agile »

Episode 1 : Judo :  à la recherche du ballon perdu

L’histoire commence dans un Dojo…

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Sans vouloir froisser les judokas qui pourraient lire ces lignes (ne jamais se fâcher avec une ceinture noire), je ne garde pas de bon souvenir des heures de mon enfance passées sur un tatami.

D’abord, parce que je n’aimais pas trop entrer dans le Dojo, je trouvais que ça sentait des pieds. Et puis, parce qu’au club où je pratiquais, l’ambiance était plutôt militaire. Était-ce parce qu’il s’agissait de Brest ?

En tout cas, avant les compétitions, le discours de motivation de notre professeur tournait autour de : « ceux d’entre vous qui ne seront pas assez combatifs, qui se déclareront vaincus trop tôt, je les prendrai personnellement la semaine prochaine sur le tapis et ça ne sera pas de la démonstration ! »

J’avais 10-11 ans et je restais plutôt insensible à cette poésie martiale. En fait, l’idée du judo venait de mes parents, surtout de ma mère je crois, tandis que moi, je ne rêvais que de ballon rond. Dès que mon âge me le permit (on recrutait plus tôt au judo qu’au football), je courus m’inscrire à l’équipe du collège. Puis, je pris une grande inspiration avant d’aller affronter ma mère pour lui annoncer la terrible vérité : « non, son fils ne serait jamais Jean-Luc Rougé (le premier judoka français champion du monde en 1975), oui, j’allais ramener des genoux écorchés et des shorts plein de boue à la maison ! »

C’était la première fois de ma vie que constatant un non-alignement d’une situation avec mes valeurs, je décidais de la quitter, au risque de décevoir quelqu’un d’autre. Du haut de mes 10-11 ans, je ne raisonnais pas en ces termes, mais ce n’était quand même pas une décision facile à prendre à l’époque.

Vous connaissez l’expression : « c’est à prendre ou à laisser » et sa version anglaise « take it or leave it ». L’alternative délétère consiste à éviter de prendre ou de laisser en conservant un statu-quo insatisfaisant qui suscite une récrimination sans fin : « blame it ». Refusant d’assumer sa part de responsabilité dans la situation, tout le reproche est reporté sur les autres.

Il n’y a pas de gagnant au jeu du blâme, mais des relations qui se détériorent inexorablement. Souvent, le jeu du blâme s’installe dans un contexte où la culture n’autorise pas l’expression des émotions, du conflit. Au lieu d’encourager les personnes à apprendre de leurs erreurs, on les punit : la responsabilité n’est pas encouragée.

Comme l’exprime le psychologue Robert Anthony : « Quand vous blâmez les autres, vous abandonnez votre pouvoir de changement. » Depuis, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de prendre ou de laisser. Et j’ai découvert qu’il existait également une troisième possibilité, moins radicale et beaucoup plus difficile : essayer de changer la situation. C’est ce que mentionne Jurgen Appelo, auteur renommé de la communauté agile dans la préface de « How to change the world – Change management 3.0 » : « It’s take it, leave it, or change it… » . Évoluer d’une posture qui subit pour devenir un acteur du changement est cruciale dans la démarche agile.


Leçon : Placé dans une situation insatisfaisante, prendre ses responsabilités, tenter de changer les choses, accepter d’affronter les émotions désagréables que cela peut susciter, chercher l’amélioration en s’appuyant sur ses convictions (valeurs) et ses émotions (signaux reliés aux valeurs) : une démarche agile…


Suite la semaine prochaine avec « Volley : passif, mais participatif »

Le Volley est par lui-même une jolie métaphore de la vie : toute cette concentration collective et dérisoire pour empêcher un ballon de toucher le sol, tout en sachant dès le début qu’il finira inéluctablement par retomber…de préférence quand même dans le terrain de l’équipe d’en face !

Un commentaire

  1. Ping : Volley : passif, mais participatif |

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